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Maroc : de graves accusations de surveillance des journalistes visant le régime du Makhzen

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a appelé les autorités marocaines à mettre fin à la surveillance illégale des journalistes et à établir les responsabilités, à la suite d’une enquête publiée par L’ONG Amnesty International sur les pratiques de surveillance au Maroc.

Dans une déclaration publiée le 1er octobre 2026, le CPJ a indiqué que les conclusions de l’enquête mettent en évidence l’ampleur des méthodes de surveillance visant des journalistes, des défenseurs des droits humains et des voix critiques, ainsi que leurs conséquences sur la liberté de la presse.

Selon les éléments présentés par Amnesty International, des services de sécurité et de renseignement marocains auraient recours à plusieurs techniques de surveillance, notamment au logiciel espion Pegasus, à l’interception des communications téléphoniques, au suivi des déplacements et à des enregistrements clandestins.

L’enquête s’appuie notamment sur le témoignage d’un ancien employé de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), des analyses forensiques de données numériques, des données de surveillance ayant fuité et des entretiens avec des personnes affirmant avoir été surveillées.

L’analyse de 103 numéros de téléphone marocains a permis d’identifier 22 journalistes et professionnels des médias parmi les personnes considérées comme des cibles potentielles, au-delà de la surveillance numérique, l’enquête met en avant les conséquences de ces pratiques sur l’exercice du journalisme et la liberté d’expression, selon plusieurs témoignages recueillis, une surveillance prolongée aurait contribué à instaurer un climat favorisant l’autocensure chez certains journalistes.

Le journaliste Hicham Mansouri a notamment indiqué que plusieurs années de surveillance continue avaient contribué à le pousser à pratiquer l’autocensure, le journaliste Omar Radi figure également parmi les personnes citées dans l’enquête, Il avait auparavant été identifié comme une cible du logiciel Pegasus.

L’enquête évoque également l’utilisation présumée d’informations obtenues dans le cadre de la surveillance à des fins de discrédit contre des journalistes et des défenseurs des droits humains, Amnesty International affirme que certaines informations auraient été transmises à des médias proches du gouvernement et utilisées dans des campagnes de dénigrement.

La directrice régionale du CPJ, Sara Qudah, a souligné les conséquences de ces pratiques sur la liberté de la presse, appelant à garantir aux journalistes la possibilité d’exercer leur profession sans surveillance de leurs communications, de leurs déplacements ou de leur vie privée.

Le CPJ a également demandé que les responsables des éventuelles pratiques de surveillance illégale et des violations qui y sont liées soient tenus de rendre des comptes, tout en appelant à empêcher l’utilisation des informations personnelles des journalistes pour porter atteinte à leur réputation.

Ces accusations relancent les interrogations sur les conditions d’exercice du journalisme sous le régime du Makhzen et sur la place accordée aux voix critiques au Maroc. La surveillance attribuée à certains appareils sécuritaires marocains est ainsi présentée par les organisations concernées comme un facteur susceptible de restreindre l’espace réservé à la liberté de la presse et à la liberté d’expression.

Pour le régime du Makhzen, régulièrement confronté aux critiques d’organisations internationales sur la situation des libertés publiques et des journalistes, ces nouvelles accusations remettent au centre du débat la question des moyens utilisés à l’encontre des voix critiques.

Les autorités marocaines ont, comme à leur habitude, nié avoir utilisé des logiciels espions pour cibler des citoyens, malgré les éléments et témoignages rendus publics dans le cadre de l’enquête, tandis que le CPJ a indiqué avoir sollicité le ministère marocain de l’Intérieur pour obtenir sa réaction aux éléments de l’enquête, sans recevoir de réponse au moment de la publication de sa déclaration.

K.F

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