Le « Karakou », un habit traditionnel algérien aux racines millénaires

Les participants à un séminaire intitulé « Notre patrimoine, notre civilisation », organisé mardi au musée public national de Sétif, ont souligné que le « Karakou » fait partie intégrante du patrimoine matériel algérien authentique et constitue l’un des habits traditionnels les plus anciens du pays.
L’anthropologue Nacéra Kechiouche, de la faculté des sciences humaines et sociales de l’université de Tlemcen, a affirmé dans son intervention intitulée « Le Karakou algérien : histoire, évolution et fonction » que « la majorité des études, étayées par des preuves matérielles, confirment l’apparition de cette veste (Karakou) en Algérie dès l’ère préhistorique, à l’instar des peintures et gravures rupestres du Tassili et du site archéologique de Sefar, qui témoignent de l’ancienneté de la civilisation en Algérie ». L’intervenante a ajouté que « l’Algérie a connu les métiers de la couture et de la broderie bien avant l’ère chrétienne. Les fresques du Tassili montrent des femmes vêtues d’habits ornés, ce qui prouve l’existence d’un savoir-faire dans la confection et la décoration vestimentaire, reflétant ainsi un haut niveau de raffinement esthétique et culturel dans la société algérienne antique ».
L’académicienne s’est appuyée sur plusieurs recherches d’experts ainsi que sur de nombreux sites archéologiques à travers le pays.
Elle a présenté des preuves (photos et vidéos à l’appui) concernant des découvertes réalisées dans des abris sous roche ayant fait l’objet de fouilles dans les environs d’Oran, d’Alger et de Saïda, ainsi que dans d’autres sites ayant servi d’habitat à l’homme préhistorique.
De son côté, le conservateur du patrimoine culturel au musée public national des arts et expressions populaires de Tlemcen, Farès El Majdoub, a abordé, lors de sa communication, le thème de « La conservation dans les musées : entre réalité et aspirations ».
La directrice du musée public national de Sétif, Chadia Khalfallah, a déclaré à l’APS que les participants à cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre de la célébration du mois du patrimoine 2026, effectueront une visite virtuelle du musée de Tlemcen grâce à des lunettes électroniques et visionneront une vidéo immersive animant d’anciennes images de la ville de Tlemcen par l’intelligence artificielle (IA).
A noter que, toujours dans le cadre du mois du patrimoine, une exposition a été organisée mardi pour mettre en lumière le patrimoine matériel et immatériel de la capitale des Zianides (Tlemcen) à travers ses monuments archéologiques les plus emblématiques.













