Près d’une femme sur trois est victime de violences

Environ 840 millions de femmes dans le monde, soit près d’une femme sur trois, a subi des violences conjugales ou sexuelles au cours de sa vie, selon un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Ce rapport publié mercredi, révèle que ce chiffre « vertigineux » a à peine évolué depuis 2000 : une baisse annuelle de seulement 0,2% a été enregistrée au cours des deux dernières décennies. Pour les femmes âgées de plus de 15 ans, 11% ont été victimes de violences de la part de leur partenaire au cours des douze derniers mois, et 9% d’entre-elles de violences hors couple depuis leur 15 ans. Ce sont des chiffres que les experts estiment « largement sous-estimés », en raison de la stigmatisation et de la peur de prendre la parole sur le sujet. « La violence à l’égard des femmes est l’une des injustices les plus anciennes et les plus répandues de l’humanité, et pourtant l’une des moins combattues », a relevé le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. « Aucune société ne peut se prétendre juste, sûre ou saine tant que la moitié de sa population vit dans la peur. Derrière chaque statistique se cache une femme ou une fille dont la vie a été bouleversée à jamais », a-t-il dit. Pour sa part, dans un rapport publié mardi, ONU Femmes jette un coup de projecteur sur « la violence numérique visant les femmes qui se propage à une vitesse alarmante, alimentée par l’intelligence artificielle, l’anonymat et l’absence de lois et de mécanismes de responsabilité efficaces ». Selon les données de la Banque mondiale, moins de 40 % des pays disposent de lois protégeant les femmes contre le harcèlement ou la traque en ligne, ce qui laisse 1,8 milliard de personnes, sans une protection juridique sur le sujet. « Ce qui commence en ligne ne reste pas en ligne. Les violences numériques se prolongent dans la vie réelle, où elles sèment la peur, réduisent les victimes au silence et, dans les cas les plus graves, donnent lieu à des violences physiques et à des féminicides », a déclaré Sima Bahous, directrice exécutive d’ONU Femmes. « Les lois doivent évoluer au même rythme que la technologie pour veiller à ce que la justice protège les femmes en ligne comme hors ligne », a-t-elle soutenu.









