Première phase du projet de phosphate intégré : Sonatrach et l’AFC signent deux contrats avec des partenaires italien et chinois

Le groupe Sonatrach et la Société algérienne des engrais (AFC) ont signé, mercredi à Alger, deux contrats d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) avec, d’une part, la société italienne Saipem, et, d’autre part, la société chinoise d’ingénierie portuaire CHEC, dans le cadre de la mise en œuvre de la première phase du projet de phosphate intégré.
La cérémonie de signature s’est déroulée au siège de la Direction générale de Sonatrach, en présence de membres du gouvernement, du PDG du groupe Sonatrach, M. Nour Eddine Daoudi, des ambassadeurs d’Italie et de Chine en Algérie, ainsi que des responsables des entreprises signataires.
Selon les explications fournies, la première phase de ce projet stratégique prévoit la réalisation de grandes infrastructures industrielles et portuaires, notamment un complexe d’extraction et d’enrichissement du phosphate à Bled El Hadba (wilaya de Tébessa), doté d’une capacité d’extraction de 5,5 millions de tonnes/an et d’une capacité globale de production de phosphate concentré estimée à 3,2 millions de tonnes/an.
Cette première phase comprend également la réalisation d’un complexe industriel intégré à Oued Kebrit (wilaya de Souk Ahras), destiné à produire 2,4 millions de tonnes d’engrais phosphatés, 570.000 tonnes d’engrais azotés/an et des quantités d’autres produits intermédiaires, ainsi que la réalisation d’infrastructures portuaires à Annaba, permettant de mettre en place un écosystème industriel et logistique intégré, capable d’atteindre les plus hauts niveaux de performance et d’efficacité, a-t-on souligné.
Dans une allocution prononcée à cette occasion, le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, M. Mohamed Arkab, a rappelé que ce projet stratégique « bénéficie d’une attention particulière de la part du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, dans le cadre de sa vision en vue de valoriser nos ressources naturelles, à renforcer l’industrialisation nationale, à créer de la valeur ajoutée, à diversifier l’économie nationale et à promouvoir nos exportations hors hydrocarbures ».
Il a précisé que ce projet sera réalisé selon le mode accéléré EPC Fast Track, afin de réduire les délais de réalisation et d’accélérer son entrée en production, ce qui permettra de produire les premières quantités de phosphate enrichi au cours du premier trimestre de 2027 et de lancer la phase de production d’engrais au cours du quatrième trimestre de la même année.
Lorsqu’il entrera en phase d’exploitation, le projet permettra de produire environ 6 millions de tonnes/an de phosphate enrichi et 4 millions de tonnes de différents types d’engrais phosphatés et azotés, en sus de matières industrielles stratégiques telles que l’acide sulfurique, l’acide phosphorique et l’ammoniac, a ajouté le ministre d’Etat, soulignant que l’ambition de l’Algérie ne se limite pas à la production de phosphate et d’engrais, mais s’étend à la mise en place d’une chaîne industrielle intégrée, à même de créer de la valeur ajoutée, de développer les compétences, de soutenir l’économie nationale et d’ouvrir de nouveaux horizons au produit algérien sur les marchés internationaux.
M. Arkab a expliqué que l’étape actuelle de ce projet stratégique est le fruit des efforts concertés des différents départements ministériels et institutions nationales, le projet constituant dans son ensemble « un écosystème industriel et logistique intégré où se croisent les secteurs de l’énergie, des ressources en eau, des transports, des infrastructures de base et des mines, nécessitant une coordination continue entre les différents secteurs et institutions pour faire en sorte que chaque maillon soit opérationnel au moment opportun ».
De son côté, M. Nour Eddine Daoudi, a souligné que la signature de ces deux contrats marque le passage effectif à la phase de réalisation de ce projet, qui « constitue incontestablement un jalon capital dans le processus de développement industriel en Algérie ».
Il a, dans ce cadre, réaffirmé le « plein engagement » du groupe Sonatrach à mobiliser tous les moyens nécessaires à la réussite de ce projet et à œuvrer aux côtés de ses partenaires à sa réalisation selon les normes de qualité et de sécurité les plus élevées et dans les délais impartis, à la hauteur des attentes des hautes autorités du pays, au service des intérêts stratégiques de l’Algérie.
Dans son intervention, le Directeur général de la Société algérienne des engrais (AFC), M. Abdelkrim Atek, a mis en avant l’importance de la première phase de ce projet structurant, qui permettra de produire des engrais qui contribueront à la sécurité alimentaire du pays, tout en exportant les excédents.
Pour sa part, le PDG de Saipem, M. Alessandro Puliti, a indiqué que la société mobilisera toute son expertise et ses moyens afin de livrer le projet dans les délais impartis, en s’appuyant sur trois entreprises locales pour la réalisation des travaux : Cosider Canalisations, la Société algérienne de réalisation de projets industriels (SARPI) et la Société nationale de génie civil et bâtiment (GCB).
Le Directeur général adjoint de CHEC, M. Chen Zhong, a, quant à lui, affirmé que le contrat relatif au projet d’infrastructures du port d’Annaba, signé par son entreprise, constitue un maillon essentiel de la chaîne de production, soulignant l’engagement de son entreprises à réaliser les première et deuxième phases du projet du port d’Annaba dans les délais impartis.
De son côté, l’ambassadeur de Chine en Algérie, M. Dong Guangli, a évoqué l’importance majeure de ce projet alliant production, transport et exportation, saluant l’avancement des travaux au niveau du port d’Annaba. Il a, par la même occasion, affirmé que son pays est disposé à poursuivre l’approfondissement de la coopération avec la partie algérienne.
De son côté, l’ambassadrice d’Italie en Algérie, Mme Alessandra Schiavo, a souligné l’importance du contrat signé par Saipem, estimant que celui-ci est à même de donner une forte impulsion au secteur agricole en Algérie et à contribuer à la sécurité alimentaire du pays.














