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Madagascar: l’aide freinée par des fonds insuffisants

Alors que Madagascar a décrété l’état de catastrophe nationale après le passage du cyclone Gezani, mardi dernier, de « graves contraintes financières » limitent la capacité des agences humanitaires, dont le Programme alimentaire mondial (PAM), à intervenir à grande échelle sur cette île déjà fragilisée par des crises climatiques et alimentaires récurrentes.

Selon le PAM, sa capacité d’intervention est « fortement limitée » en raison de la baisse des financements et de l’absence de stocks alimentaires au-delà d’une première réponse d’urgence. « Outre les mesures anticipatives et des interventions rapides déjà prévues, aucun financement n’est disponible pour faire face au cyclone », a déploré lundi l’agence onusienne dans son dernier rapport sur la situation.

Pour reconstituer ses réserves, le PAM indique avoir besoin en urgence de 50.000 dollars afin de pré-positionner une vingtaine de tonnes de biscuits enrichis avant un éventuel nouveau cyclone.

« A la suite de la déclaration d’état de catastrophe nationale par le gouvernement et de son appel à l’aide internationale, des ressources urgentes sont nécessaires pour renforcer l’aide aux ménages en situation d’insécurité alimentaire et déplacés qui sont confrontés à de multiples chocs », a souligné l’agence.

Au total, le PAM fait face à un déficit de financement de 18,3 millions de dollars pour ses opérations d’urgence dans le pays au cours des six prochains mois. Faute de ressources suffisantes, l’agence a déjà réduit l’aide prévue pendant la période de soudure à seulement 10 % des bénéficiaires initialement ciblés, laissant plus d’un demi-million de personnes sans assistance à un moment critique.

En l’espace de 10 jours, Madagascar a été frappé par deux tempêtes majeures : le cyclone tropical Fytia, qui a touché terre le 31 janvier dans la région de Boeny, au nord-ouest, puis le cyclone tropical intense Gezani, qui a frappé la côte nord-est le 10 février près de Toamasina, deuxième ville du pays. Routes, réseaux électriques et habitations ont été lourdement endommagés, y compris un bureau et un entrepôt du PAM.

Selon un décompte récent, près de 80.000 personnes se trouvaient encore dans 75 centres d’hébergement, tandis que d’autres déplacés étaient accueillis par des proches ou installés dans des sites informels.

D’après les autorités malgaches, plus de 260.000 personnes ont été touchées par Gezani, et plus de 200.000 par Fytia.

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