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France : l’ONU s’inquiète des violences commises contre les lycéens et appelle à un usage proportionné de la force

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a dit vendredi suivre avec « inquiétude » les « incidents » liés aux manifestations des lycéens en France, appelant à un usage proportionné de la force.

« Nous suivons avec inquiétude les incidents liés aux manifestations étudiantes et aux blocages de lycées en France, dont certains ont dégénéré en violences », a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat, Shabia Mantoo, lors d’un point de presse à Genève.

« Nous appelons chacun à veiller à ce qu’elles (ces manifestations) restent pacifiques et à ce qu’il n’y ait pas de recours disproportionné à la force de la part des forces de l’ordre. Le droit de réunion pacifique doit être respecté », a-t-elle ajouté.

Depuis le début de la mobilisation le 17 septembre durant laquelle les lycéens français réclament de meilleures conditions d’apprentissage, une rénovation du bâti et la suppression de la sélection par la plateforme d’orientation Parcoursup, la réponse policière a été vivement critiquée.

Dans les manifestations, les slogans contre les violences policières occupent une place presque aussi importante que les revendications sur le manque de moyens.

Un adolescent de 15 ans a eu sa main arrachée par une grenade à Lens (nord) lundi. A Tours (ouest), un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un oeil lors d’un blocus, le parquet évoquant des lésions « compatibles » avec un tir de lanceur de balles en caoutchouc.

Les images des manifestations, un peu partout en France, sont restées frappantes jeudi, en particulier à Paris, où plusieurs dizaines de milliers de personnes rassemblées place de la Bastille ont été évacuées par les forces de l’ordre en début de soirée avec usage de gaz lacrymogène.

L’intersyndicale étudiante et professionnelle a donné rendez-vous pour des manifestations et la grève mardi prochain, quelques jours avant le début des vacances scolaires. Pour rappel, plusieurs avocats d’adolescents placés en garde à vue dans le cadre de la mobilisation des lycéens en France, avaient dénoncé des violences physiques, des insultes et des « tentatives d’humiliation » qui auraient été commises par des policiers à l’encontre de mineurs interpellés.

La mobilisation des lycéens intervient à un peu plus de six mois de l’élection présidentielle, dans un contexte social et politique tendu, marqué notamment par la hausse des prix et les débats autour de mesures d’économies budgétaires, dont certaines concernent directement les jeunes, comme les aides au logement. Les autorités françaises redoutent désormais un élargissement du mouvement au niveau national, avec le possible renfort des étudiants.

Sur fond d’inquiétudes croissantes au sein de l’opinion publique locale, la France s’enfonce dans une grave crise économique et sociale, marquée par une dégradation des finances publiques et de profondes divergences politiques, faisant même redouter le retour du mouvement des « Gilets jaunes ». 

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