Détenus sahraouis de Gdeim Izik en grève de la faim : des organisations appellent l’ONU à intervenir d’urgence

Plusieurs organisations sahraouies et internationales de défense des droits de l’homme ont appelé à une intervention « urgente » des Nations unies pour garantir la santé et la liberté des neuf détenus civils sahraouis du groupe de Gdeim Izik, en grève ouverte de la faim depuis le 23 septembre dans des prisons marocaines, mettant en garde contre la dégradation de leur état de santé et dénonçant les restrictions qui leur sont imposées.
La Ligue internationale des droits de l’homme a appelé à la libération « immédiate et inconditionnelle » des neuf détenus sahraouis, et exhorté les organisations internationales de défense des droits de l’homme à agir pour garantir leur santé et leur liberté.
L’Organisation a indiqué que cette grève de la faim constituait une protestation pacifique contre les violations des droits des détenus du groupe de Gdeim Izik, affirmant son soutien à leurs revendications.
Elle a également appelé à la mise en œuvre des recommandations du Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire et du Comité des Nations unies contre la torture, qui avaient demandé au Makhzen, en 2023, de libérer ces détenus, avant de réitérer leur position en mai 2026.
De son côté, la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines a adressé une lettre ouverte au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans laquelle elle a demandé une intervention urgente pour sauver la vie des neuf détenus et dénoncé leur dispersion dans plusieurs établissements pénitentiaires ainsi que leur éloignement de leurs familles.
Selon cette organisation, les détenus sont répartis entre les prisons d’Ait Melloul 2, Tiflet 2 et Kénitra, et observent une grève de la faim pour réclamer notamment leur regroupement et leur transfert vers des villes du Sahara occidental, conformément, selon elle, aux recommandations et avis des mécanismes onusiens compétents.
La même source fait état de restrictions sur les communications téléphoniques, de refus de visites familiales et de transferts de détenus sans notification préalable aux familles et aux avocats.
Elle cite notamment les transferts de Naâma Asfari, Bachir Khada et Hassan Dah, ainsi que l’interruption temporaire des contacts avec plusieurs autres détenus.
Pour sa part, l’International Service for Human Rights (ISHR) a exprimé sa vive préoccupation face à la nouvelle grève de la faim illimitée entamée le 23 septembre 2026 par neuf prisonniers civils sahraouis du groupe de « Gdeim Izik », en particulier le défenseur des droits humains Naâma Asfari.
L’ISHR tire la sonnette d’alarme quant à l’état de santé critique des grévistes et rappelle les conclusions du Comité de l’ONU contre la torture et du Groupe de travail sur la détention arbitraire, qui condamnent les aveux extorqués sous la torture et le maintien illégal de ces détenus.
L’Organisation exige du Makhzen une prise en charge médicale indépendante et l’application immédiate des résolutions onusiennes réclamant leur libération inconditionnelle.
Les organisations de défense des droits de l’homme demandent notamment à l’ONU de révéler les lieux de détention de tous les prisonniers, de garantir leur contact avec leurs familles et leurs avocats, de mettre fin aux mesures d’isolement et aux restrictions sur les visites et communications, et d’ouvrir une enquête indépendante sur les allégations de mauvais traitements.
Elles appellent enfin les mécanismes internationaux compétents et les organisations de défense des droits de l’homme à suivre la situation des détenus et exhortent les Etats membres de l’Union européenne à prendre position face aux violations des droits de l’homme dénoncées par ces organisations.










