L’ONU adopte une réforme de la cartographie mondiale reflétant la taille réelle de l’Afrique

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté vendredi une résolution pour promouvoir une représentation cartographique mondiale plus fidèle à la taille réelle des continents, agrandissant notamment l’Afrique et rétrécissant les Etats-Unis.
Ce texte, porté par le Togo et l’Union africaine (UA), a été adopté par 164 voix contre une, celle des Etats-Unis, et six abstentions.
La résolution vise à encourager les organisations internationales et les Etats à utiliser des représentations cartographiques de type « Equal Earth ».
Cette cartographie abandonne la projection dite « de Mercator » du nom de Gerardus Mercator, géographe, cartographe, philosophe et théologien né en Flandres en 1512.
Sa carte du monde a été conçue pour la navigation maritime et agrandit artificiellement les territoires situés aux hautes latitudes.
« Les cartes façonnent notre compréhension du monde », a déclaré le ministre des Affaires étrangères du Togo à la tribune, Robert Dussey.
« Elles orientent l’éducation, nourrissent l’imaginaire et influencent les perceptions collectives. Elles ne sont donc jamais neutres : lorsqu’elles donnent une image déformée de notre planète, elles risquent de perpétuer des représentations erronées transmises de génération en génération ».
Selon Selma Malika Haddadi, vice-présidente de la Commission de l’UA, cette déformation nourrit une fausse impression d’une Afrique « marginale ». Ceci, malgré son statut de deuxième plus grand continent du monde, avec 55 pays et plus d’un milliard d’habitants.
« Cela peut sembler être une simple carte, mais en réalité, ce n’est pas le cas », a-t-elle déclaré à la presse, il y a quelques semaines.
L’UA avait officiellement endossé le projet « Correct the map », mené par les groupes de défense Africa No Filter et Speak Up Africa, relançant le débat à propos de la représentation des continents sur les cartes. Ce projet exhortait les organisations à adopter la projection Equal Earth 2018, qui tente de refléter la taille réelle des pays.
Mme Haddadi avait expliqué que cette campagne s’inscrivait dans l’objectif de « redonner à l’Afrique la place qui lui revient sur la scène internationale », alors que les appels à des réparations pour le colonialisme et l’esclavage se multiplient.














