
La signature de deux contrats d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC), par le groupe Sonatrach, marque une nouvelle étape dans la réalisation du projet de phosphate intégré, une infrastructure stratégique qui constitue le socle d’une vision prospective du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune.
Il s’agit d’une transformation qui vise à faire des potentialités du pays, notamment minières, le socle d’une nouvelle approche pour le développement économique national et qui soit bénéfique aux générations futures, via la diversification économique, l’orientation des ressources et leur exploitation selon les fondements et principes de renforcement de la souveraineté économique nationale.
En effet, le président de la République avait souligné, à maintes reprises, que l’investissement de l’Etat dans un secteur prometteur comme les mines vise à mettre en place de nouveaux leviers pour l’économie nationale dans les prochaines étapes et ce, dans le cadre des efforts visant à consacrer une économie diversifiée non tributaire d’une seule ressource.
Les contrats ont été signés entre Sonatrach et la Société algérienne des engrais (AFC) d’une part, et les sociétés Saipem (Italie) et CHEC (Chine) d’autre part, pour la première phase du projet. Celle-ci comprend un complexe d’extraction et d’enrichissement du phosphate à Bled El Hadba (Tébessa), d’une capacité de 5,5 millions de tonnes/an, un complexe industriel intégré à Oued El Kebrit (Souk Ahras) pour la production d’engrais phosphatés et azotés, ainsi que des infrastructures portuaires à Annaba.
Prévu en mode accéléré EPC Fast Track, le projet doit livrer ses premières quantités de phosphate enrichi dès le premier trimestre 2027, avant le lancement de la production d’engrais au quatrième trimestre de la même année.
Le projet bénéficie depuis son lancement d’un suivi constant du président de la République, qui avait ordonné le démarrage de l’exportation du phosphate de Bled El Hadba d’ici mars 2027 au plus tard, chargeant le ministre des Mines et des industries minières d’achever notamment le quai minéralier du port d’Annaba, et a également instruit le lancement immédiat des unités de traitement en parallèle de l’exploitation de la mine.
Il a aussi affirmé que l’usine d’acide phosphorique entrerait en service fin 2026 ou début 2027, insistant sur l’impact du projet en matière de création d’emplois.
S’inscrivant dans le cadre d’une vision favorisant le renforcement de l’industrialisation, la création de valeur ajoutée, et la promotion des exportations hors hydrocarbures, le projet intégré produira environ 6 millions de tonnes/an de phosphate enrichi et 4 millions de tonnes d’engrais (DAP, MAP, NPK, urée), ainsi que des matières industrielles stratégiques comme l’acide sulfurique, l’acide phosphorique et l’ammoniac.
Le projet qui devrait créer environ 12.000 emplois directs, principalement à Tébessa, Souk Ahras, Skikda et Annaba, s’appuie sur des infrastructures majeures : une ligne ferroviaire minière Est de 422 km reliant Bled El Hadba au port d’Annaba, ainsi que l’extension de ce port, incluant un quai minéralier dédié à l’exportation.
Le projet d’extension du port permettra d’accueillir les navires de grande capacité, transformant ainsi la wilaya d’Annaba en une plateforme logistique mondiale capable d’attirer les plus grandes compagnies de fret maritime internationales et d’accroître la compétitivité des produits miniers nationaux sur les marchés extérieurs.
Pour les experts économiques, il s’agit de l’une des infrastructures industrielles les plus importantes réalisées en Algérie, car cela ne se limite pas à l’extraction minière, mais construit une chaîne de valeur intégrée jusqu’aux produits à forte valeur ajoutée. Selon eux, sa mise en production en 2027 permettra de dynamiser les exportations algériennes d’engrais, portées par la demande mondiale liée à la sécurité alimentaire et à l’expansion agricole en Afrique et en Asie, tout en réduisant la dépendance aux exportations de matières premières.
Le projet de phosphate intégré s’inscrit aussi dans une dynamique plus large de grands chantiers structurants, dont la ligne ferroviaire du Sud reliant Alger à Tamanrasset (via Laghouat, Ghardaïa, El Menia et In Salah), attendue fin 2028 et que le président de la République a qualifiée de « nouveau pari du siècle », au même titre que le projet minier de Gara Djebilet entré en exploitation en février dernier.














