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Des îles Canaries à Ceuta : Quand la négligence du pouvoir marocain livre ses enfants aux prédateurs

Le démantèlement récent par la Guardia Civil espagnole d’un réseau criminel impliqué dans le recrutement et le transfert de mineures, présentées par plusieurs sources de presse comme étant marocaines, met en lumière la situation particulièrement vulnérable de jeunes migrantes isolées. Selon les éléments de l’enquête, certaines d’entre elles auraient été transférées hors des centres de protection au moyen de faux documents et de promesses d’emploi, avant d’être destinées à des réseaux de traite.

Cette menace criminelle résonne tragiquement avec le drame qui se joue à Ceuta, comme le documente le quotidien espagnol ”El País”, la déferlante migratoire de la fin juillet s’est soldée par le maintien dans l’enclave de plus de 1 500 mineurs marocains non accompagnés, livrés à eux-mêmes dans une précarité absolue, dormant souvent à la rue et sans encadrement légal adapté. Si aucun lien formel n’a été établi à ce stade entre la filière des Canaries et les jeunes bloqués à Ceuta, l’analogie est évidente : l’isolement et le dénuement de ces enfants en font des proies toutes désignées pour les prédateurs du crime organisé et des réseaux d’exploitation.  

Au-delà de la gravité des faits documentés par la presse et la justice espagnoles, cette situation braque les projecteurs sur la responsabilité directe du régime du Makhzen. L’attitude de Rabat dépasse la simple lourdeur administrative , elle relève d’une négligence caractérisée et d’un abandon manifeste de ses propres citoyens les plus vulnérables. Alors que des centaines d’enfants marocains errent dans les rues d’une enclave étrangère, menacés à chaque instant par les réseaux de traite et de prostitution forcée, le pouvoir marocain brille par son inertie totale.  

Malgré les discours diplomatiques évoquant un accord de principe pour le rapatriement dans le respect des garanties juridiques et de l’intérêt supérieur de l’enfant, aucune mesure d’urgence, aucun plan d’identification prioritaire ni aucune structure d’accueil d’urgence n’ont été déployés sur le terrain par Rabat. En refusant d’assumer ses obligations régaliennes et morales envers sa jeunesse, le Makhzen abandonne délibérément ses enfants dans un vide sanitaire, social et juridique. Cette démission politique et cette indifférence face au sort des mineurs transforment la défaillance de l’État marocain en un facteur aggravant qui laisse le champ libre aux trafiquants d’êtres humains.

K.F

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