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Des incendies de grande ampleur se multiplient en Europe, alimentés par la chaleur et la sécheresse

Des incendies de grande ampleur se multiplient cet été en Europe, alimentés par la chaleur et la sécheresse, avec des conséquences dramatiques sur le couvert végétal, la santé, et l’économie.

En Espagne, un incendie au nord de Madrid ravage des dizaines de milliers d’hectares de végétation. « Environ 32.000 hectares » sont déjà partis en fumée depuis la semaine dernière à une centaine de kilomètres au nord de la capitale espagnole, conduisant à un déploiement « historique » de moyens pour lutter contre les flammes.

Ce feu de forêt, dans la province de Guadalajara, est considéré comme le plus important de l’année en Espagne, pays en première ligne du réchauffement climatique qui y entraîne des vagues de chaleur de plus en plus fortes et fréquentes, créant des conditions propices à la survenue d’incendies dévastateurs.

Le chef du gouvernement Pedro Sanchez a indiqué que l’Espagne avait vécu depuis le début de l’année « 22 grands incendies », soit « quatre fois plus » que l’an passé sur la même période, signe d’après lui, de l’intensification des conséquences du changement climatique.

Au total, plus de 120.000 hectares ont déjà brûlé depuis le 1er janvier en Espagne, selon le Système européen d’information sur les incendies de forêt (Effis). Soit environ « la moyenne annuelle que subissait l’Espagne au cours de la dernière décennie », a averti Pedro Sanchez.

Le mois de juillet a été marqué par des incendies aux quatre coins de l’Europe. Plusieurs pays sont impactés. Rien qu’en France, environ 15.000 hectares sont partis en fumée depuis le début du mois. Plusieurs régions sont touchées par les incendies, notamment dans le var et en Corse.

Mercredi, un violent incendie de forêt, qui a déjà parcouru plus de 2.550 hectares au sud de la France, continuait sa progression.

Ces dernières semaines, les pompiers sont confrontés à des départs de feu quotidiens à travers toutes les régions de France. Aggravée par des canicules à répétition et une forte sécheresse, la saison des feux en 2026 a débuté plus tôt que d’ordinaire.

Depuis le début de l’année, environ 40.000 hectares ont été brûlés, soit « beaucoup plus que tout ce qui a été brûlé l’année dernière », selon le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nunez.

Jamais, en 20 ans de mesures, autant de surfaces n’ont brûlé en France à la mi-juillet, montrent en outre les données satellitaires du système européen Effis.

Depuis plusieurs semaines à Edimbourg, en Ecosse, les pompiers luttent contre un feu de forêt qui se ravive sans cesse sur un massif en plein cœur de la ville.

Pour Pascal Mormal, météorologue à l’Institut royal de météorologie (IRM) belge, cela ne fait aucun doute : tous ces incendies sont liés.

« Clairement on peut y voir effectivement un lien avec le réchauffement climatique dans la mesure où on a des températures très élevées qui se greffent sur une sécheresse qui est maintenant durable depuis plusieurs mois », explique-t-il.

L’Europe connaît, en effet, un réchauffement climatique deux fois plus rapide que la moyenne mondiale, une réalité alarmante confirmée par les derniers rapports de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et de Copernicus publiés en avril 2026.

« C’est de moins en moins surprenant de rencontrer des feux parfois assez conséquents dans des régions relativement septentrionales comme l’Ecosse, comme la Scandinavie dans la mesure où là aussi ces régions sont maintenant frappées par des températures de plus en plus élevées, où les 30-35 degrés sont parfois enregistrés », ajoute Pascal Mormal.

Selon les données révélées par le rapport européen sur l’état du climat 2025, le continent européen affiche une augmentation moyenne de température de 0,56 C par décennie depuis le début des années 1990, contre seulement 0,27 C pour la moyenne mondiale. L’Europe, qui se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale, est confrontée, aujourd’hui, à une urgence à la fois climatique et sanitaire.

Près de 10.000 décès supplémentaires liés à la chaleur ont été enregistrés en quelques semaines dans cinq pays européens cet été, montrent des données publiées par la branche Europe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Au cours des quatre dernières années, plus de 200.000 personnes sont mortes en Europe à cause de la chaleur. Sur les deux dernières décennies, la mortalité liée aux fortes températures a augmenté d’environ 30 %. Par ailleurs, à cause des épisodes répétés de canicule en juin, les moissons devraient rapporter deux milliards d’euros de moins aux céréaliers européens. La France et la Hongrie figurent en tête des pays les plus touchés, rapporte le Financial Times.

« Les prévisions de production de céréales ont été révisées à la baisse de 9 millions de tonnes en Europe et au Royaume-Uni au cours des quatre semaines qui ont suivi la vague de chaleur » par Coceral, l’association européenne du commerce des grains.

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