Moyen-Orient: escalade militaire et efforts diplomatiques persistants pour résoudre la crise

Le conflit au Moyen-Orient, qui a bouclé ce dimanche sa sixième semaine, continue de s’intensifier sur plusieurs fronts, entre escalade militaire, inquiétudes internationales croissantes et efforts diplomatiques persistants pour résoudre la crise par le retour au dialogue.
L’escalade militaire qui déstabilise gravement la région et même des pays voisins, avec des répercussions humanitaires et économique, a provoqué une forte inflation des carburants et denrées, et des risques sécuritaires accrus. La hausse des coûts, la baisse du tourisme et le blocage du détroit d’Ormuz menacent la croissance et menace d’augmenter la pauvreté dans toute la région.
Au plan humanitaire, une augmentation de la pauvreté est appréhendée par des millions de personnes dans plusieurs pays, menaçant de réduire fortement le tourisme et les investissements étrangers dans la région.
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a averti que l’escalade militaire dans la région pourrait entraîner des pertes économiques considérables pour les économies de la région arabe, atteignant jusqu’à 194 milliards de dollars.
L’escalade au Moyen-Orient fait peser « un risque grave » pour le continent africain. Dans un rapport publié samedi, l’Union africaine (UA), la Banque africaine de développement (BAD) et des institutions onusiennes ont alerté sur les conséquences graves que pourrait avoir le conflit au Moyen-Orient sur l’ensemble du continent africain.
Le conflit actuel au Moyen-Orient « présente un risque grave » pour l’Afrique parce qu’il risque de faire exploser le coût de la vie, ont averti ces institutions africaines et onusiennes, dans le même rapport.
« Le choc commercial provoqué par le conflit pourrait rapidement dégénérer en crise du coût de la vie sur le continent », en raison de la hausse des prix des carburants et de la nourriture, celle des coûts du fret et des assurances, de pressions sur les taux de change et de l’impact sur les budgets des Etats, détaillent les auteurs du rapport.
Sur le plan diplomatique, le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que le conflit avait conduit à une « impasse géostratégique », lors d’un échange avec le secrétaire général de l’Otan.
De son côté, le ministre égyptien des Affaires étrangères, de l’Immigration et des Expatriés, Badr Abdel-Ati, a mis en garde, lors d’appels téléphoniques consacrés à l’examen de l’escalade des tensions régionales et des efforts de désescalade, contre le fait que l’explosion actuelle laisse présager un glissement vers une explosion sans précédent dans la région.
Le ministre égyptien a affirmé, au cours de ces entretiens ayant porté sur les derniers développements de la situation dangereuse dans la région, la « nécessité de faire prévaloir la sagesse afin de désamorcer les tensions et d’éviter davantage d’escalade et de destruction », soulignant l’importance de privilégier le langage du dialogue et de la diplomatie, de manière à préserver la sécurité et la stabilité de la région et à réaliser l’intérêt général », a précisé dimanche le porte-parole du ministère égyptien des AE, Tamim Khallaf.
Pour sa part, le pape Léon XIV a appelé dimanche « ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres » à « choisir la paix » et dénoncé « l’indifférence » face aux milliers de morts.
« Nous nous habituons à la violence, nous nous y résignons et nous devenons indifférents. Indifférents à la mort de milliers de personnes. Indifférents aux répercussions de haines et de divisions que les conflits sèment » et à leurs « conséquences économiques et sociales », a-t-il lancé devant les milliers de fidèles réunis au Vatican.
Le Sous-Secrétaire général de l’ONU pour le Moyen-Orient et l’Europe, Khaled Khiari, a déclaré, lui, dans un discours devant le Conseil de sécurité, qu’il était « impératif que toutes les parties prenantes se retirent du bord du gouffre et mettent immédiatement fin aux hostilités ».














